STANDARD et CONFORMATION DU LAPIN FAUVE DE BOURGOGNE


 

      STANDARD OFFICIEL DU FAUVE DE BOURGOGNE  

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A - GENERALITES

 

Pays d’origine    : France - Créateur : A. Renard

Ascendance       : Lapins Fauves régionaux

Importance         : Extrêmement répandu

 

Échelle des points                                                                Échelle des poids                     

Aspect général........................................ 20             3,500 - 3,750           8 points

Poids......... ............................................. 10            3,750 - 4,000           9 points

Fourrure..... ............................................ 20            4,000 - 4,500          10 points

Tête, yeux et cou................................ ... 15             4,500 - 5,000           9 points

Oreilles, longueur et texture................... 15

Couleur et profondeur de teinte........... ..15

Présentation et soins................................5

Total..................................................... 100

 

B - DESCRIPTION

 

1. Aspect général

Le corps est ramassé et massif. Cette constitution corporelle résulte d’une puissante musculature laissant apparaître au toucher une chair ferme et serrée, bien répartie sur une ossature paraissant assez forte.

La ligne dorsale, faisant suite à une nuque forte et courte, est légèrement bombée et se termine en une inclinaison assez prononcée pour former une croupe pleine et arrondie. Le râble est très épais. Les côtes forment une cage thoracique ample. Elles font la jonction, d’une part, avec les épaules puissamment développées tout en étant bien attachées au corps, d’autre part, avec la partie postérieure du corps : hanches, régions fessières et cuisses bien arrondies.

Les pattes antérieures sont assez courtes, fortes et bien droites. Les pattes postérieures sont assez fortes et bien d’aplomb.

La taille est proportionnée au poids du sujet compte tenu de sa conformation ramassée  et massive. Elle ne doit jamais tendre vers le gigantisme.

Le fanon, peu développé et régulier, est toléré chez la femelle.

 

2. Poids

Poids minimum : 3,500 kg.

Poids idéal : 4,000 - 4,500 kg.  Pois maximum : 5,000 kg.

 

3. Fourrure

La fourrure est dense et assez lustrée, sans longueur excessive. Les  poils recteurs normalement apparents assurent sa bonne tenue.

 

4. Tête, yeux et cou

La tête, portée par un cou court et peu visible, paraît, de ce fait, bien collée au corps. Forte et large, ronde et non busquée chez le mâle, elle présente plus de finesse générale chez la femelle, paraissant ainsi légèrement plus allongée.

Les yeux sont bien ouverts et brillants.

 

5. Oreilles, longueur et texture

Les oreilles robustes et suffisamment épaisses sont bien velues. Portées droites, elles sont bien serrées à la base. D’un développement approprié au type, leur longueur idéale se situe entre 11,5 et 12,5 cm. La longueur minimale ne doit pas être inférieure à 11 cm et la longueur maximale ne doit jamais dépasser 13 cm

 

6. Couleur et profondeur de teinte

La couleur est d’un fauve roux, très uniforme, intense et pure, d’une tonalité vraiment chaude. Elle s’étend sur tout le dessus du corps : tête, oreilles et membres compris.

Le tour des yeux, le menton, le ventre et le dessous de la queue sont, en général, plus pâles.

Dans tous les cas, le Fauve doit dominer et les parties plus pâles doivent apparaître le moins possible. Les sujets ayant la région des aines d’un fauve intense sont à préférer. La couleur de couverture pure et soutenue dans sa tonalité fauve roux doit descendre le plus profondément possible dans le pelage.

Les ongles sont de couleur corne plus ou moins foncée, sans cependant être noirs. L’iris des yeux est brunâtre.

 

7. Présentation et soins

Conformément aux prescriptions générales.

 

 

C - DEFAUTS

 

1. Défauts légers

Défauts légers valables pour toutes les races (cf. Régl. Gén.)

Corps insuffisamment ramassé et massif. Musculature pas assez développée et manquant de fermeté. Nuque insuffisamment forte.

Oreilles un peu disproportionnées et insuffisamment épaisses. Oreilles un peu courtes ou un peu longues.

Couleur légèrement givrée ou assez pâle. Ongles très clairs.

Profondeur de teinte insuffisante. Légère extension de la marque pâle du menton vers la  nuque.

 

2. Défauts graves

- Défauts graves valables pour toutes les races (cf. Régl. Gén.)

- Manque total de type : corps trop allongé, mince, sans ampleur.

- Manque de développement musculaire.

- Cou détaché.

- Oreilles trop minces ou nettement écartées.

- Oreilles de longueur inférieure à 11 ou supérieure à 13 cm.

- Couleur impure, soit enfumée, soit nettement givrée.

- Couleur trop pâle, acajou foncé, jaunâtre ou manquant d’uniformité.

- Oreilles bordées d’un liseré noir.

- Ongles trop clairs. Absence de profondeur de teinte. Extension exagérée de la marque pâle, du menton vers la nuque.    

 

Extrait des standards Lapins 2000

Mis en application le 1er septembre 2000   

 


CONFORMATION DU LAPIN FAUVE DE BOURGOGNE

Article de Monsieur Jacques ARNOLD ancien Conseiller technique de l’A.E.L.F.B. « lapins & lapereaux N°6 & 7 de 1965 »

 

Pour toutes les races d’animaux domestiques, l’aspect général du corps, c'est-à-dire sa conformation, fait l’objet d’une description très fouillée. Il est, assurément, indispensable que chaque éleveur ait une idée d’ensemble sur ce qu’il doit chercher à obtenir, et aussi des points de repère aussi précis que possible sur les principales parties du corps, qui contribuent à former cette conformation d’ensemble recherchée.

            C’est là le principal but des standards, dont l’utilité ne peut être contestée par aucun éleveur. A ce propos, je dois, avant d’aller plus loin, conseiller très vivement à tous les Membres de l’A.E.L.F.B. de se procurer, s’ils ne l’ont déjà, le livre des Standards Officiels des lapins de race, (je signale, à toutes fins utiles, que ce livre peut être commandé au Président de l’A.E.L.F.B.). Ils trouveront dans ce Recueil, à côté du Standard du Fauve de Bourgogne, déjà en leur possession de par leur appartenance à l’A.E.L.F.B., des Généralités et des Descriptions d’ensemble sur le lapin, les Défauts généraux pour toutes les races, ainsi que quelques schémas qui fixent assez bien les idées, et sont le complément indispensable de toute description. Si j’insiste sur ce livre, c’est que j’ai pu constater, au cours de mes sorties, que de nombreux cuniculiculteurs, voire certaines personnalités de la Cuniculiculture française, allaient jusqu’à en ignorer l’existence ! C’est là une lacune qu’il me paraît bon d’essayer de voir se combler le plus rapidement possible.

            Il faut bien se persuader qu’avant d’aborder le Standard d’une race, il est indispensable de faire connaissance avec les Généralités, les plus sommaires soient-elles, sur l’espèce à laquelle elle appartient. Chaque éleveur peut lire tout ce qui a trait au TYPE chez le lapin, ce qui se rapporte plus précisément à l’aspect général et à chacune des parties de son corps.

 

            Nous allons donc supposer connus, et le Standard du Fauve de Bourgogne, et les Descriptions Générales sur le lapin, citées ci-dessus, pour nous attacher à certains points, souvent mal connus ou mal interprétés, et dont l’importance ne peut être sous-estimée pour la bonne conduite de l’élevage. Voyons donc, en premier lieu, les points Fondamentaux sur lesquels il convient d’apporter la plus grande attention ;

            Race moyenne, le Fauve de Bourgogne « ne doit jamais tendre vers le gigantisme » ceci est écrit en toutes lettres dans le Standard. Il est précisé également que le Poids idéal oscille entre 4 Kg et 4,5 Kg. Enfin, « la taille est proportionnée au Poids du sujet, compte tenu de sa Conformation trapue et massive ». Voilà qui est fort explicite ! On ne saurait, cependant, trop répéter que le poids excessif et la taille démesurée sont encore trop répandus chez nombre de sujets. Malgré la mise ne garde des Standards, les multiples Conseils qui ont été donnés, à ce sujet, par l’A.E.L.F.B. depuis longtemps déjà, les animaux de grande taille et les poids lourds continuent à fasciner beaucoup d’éleveurs. 

            Notre très regretté Roger Lattard avait cru bon, dans son dernier article paru en octobre 1964 dans ces colonnes, de rappeler une phrase que j’avais déjà écrite à ce même propos. A cinq ans d’intervalle, je ne saurais trop redire aux éleveurs de Fauves de Bourgogne que « le poids doit être considéré comme la juste conséquence d’une Conformation déterminée, mais ne représente absolument rien sur une conformation défectueuse ». Je demande une nouvelle fois aux éleveurs de bien vouloir prendre en considération, et ce plus que jamais, cet appel à la limitation pondérale, et surtout à l’harmonie des formes. Une des raisons majeures de cet état de fait vient d’une conception à la fois simpliste et erronée au choix des lapereaux dans beaucoup de clapiers. La sélection, en effet, des jeunes sujets, n’a trop souvent pour seul objectif que la croissance pondérale et le développement. On est alors amené à comparer et à trier sur un seul critère : le Poids. Les conséquences d’une telle pratique sont désastreuses. C’est tout bêtement confondre la précocité vive avec la précocité vraie. Dans un article paru dans la Revue Avicole en 1961 (décembre N° spécial lapins) sur le lapin de chair, j’ai insisté beaucoup sur le mal fondé de cette confusion. Que les membres de l’A.E.L.F.B. prennent connaissance de ce texte, s’ils ne l’ont déjà fait.

           

Poursuivons notre examen de la Conformation, lapin de race moyenne, répétons-le, le Fauve de Bourgogne appartient à l’importante classe dite de type Cylindrique. Ce qui le singularise, ce sont les deux adjectifs : trapu et massif.   

Le Larousse nous apprend que trapu, synonyme de ramasser (mot écrit dans l’ancien Standard) signifie gros et court.

Quand à massif, cela évoque l’épaisseur, la consistance, le pesant au sens métallique du mot, c’est-à-dire plus encore l’objet dense que l’objet volumineux. En végétaliculture, le massif d’arbres, c’est un bosquet épais ; le massif de fleurs, c’est un ensemble bien garni de plantes fleuries. Dans tous les cas, la notion de compacité, d’épaisseur, de lourdeur aussi par rapport à un volume déterminé, intervient. C’est bien là se rapporter à la notion de densité dans son sens le plus absolu.

Le Standard nous dit également : « Cette Conformation (trapu et massif) se manifeste dans la longueur du corps, comme dans sa largeur et sa hauteur (profondeur) ». Cette phrase vient très justement et fort opportunément rappeler aux éleveurs qu’il ne suffit pas d’obtenir un lapin large et court pour qu’il soit « bien conformé ». Un lapin large peut fort bien n’avoir aucune tenue. Etre totalement dépourvu d’allures et de maintien. Le cas le plus extrême, surtout fréquent chez certains Néo-Zélandais blancs, est celui du lapin posé sur une table et qui s’écrase comme un véritable tas. Harry Rice, en Amérique ; J.F. Rambaud en France, se sont déjà élevés avec vigueur contre cet aplatissement spectaculaire. Il faut très fermement proscrire de son clapier cette caricature de lapin de chair, large certes, mais sans profondeur, sans musculature, avec une peau épaisse et indéfiniment étirable.

Le corps d’un fauve de Bourgogne doit donner une impression d’équilibre et d’uniformité. C’est pourquoi sa Conformation trapue et massive doit s’exprimer dans toutes ses dimensions : Longueur, largeur et hauteur. Sans profondeur du corps, pas d’équilibre, avec toutes les conséquences que cela entraîne pour un Reproducteur. Ne confondons donc pas Surface et Volume dans un travail de Sélection.

Je voudrais maintenant m’arrêter quelque peu sur l’interprétation correcte du mot trapu. Nous avons vu que cela voulait dire Gros et Court. Certains éleveurs ne pensent, à vrai dire, qu’à l’adjectif court. Et ceci est, là encore, une bien mauvaise interprétation d’un mot, qui situe en fait une Conformation bien déterminée, ne l’oublions pas.

Le raccourcissement exagéré du tronc conduit presque à coup sûr à l’apparition de mauvaises croupes, au bout de quelques générations, avec pour terme ultérieur la croupe abrupte. De là à obtenir des animaux bossus il n’y a qu’un pas, qui peut hélas, être non moins aisément franchi. Mais sans aller jusque là , en ne tenant compte que du mot Court, on s’écarte très rapidement de la Conformation Idéale du Fauve de Bourgogne. Celui-ci n’est pas, en effet, un Normand et encore moins un Vienne. Chez le Fauve de Bourgogne, la ligne du dos est, selon les termes mêmes du Standard « légèrement bombée ». L’adjectif Court, qui est écrit en toutes lettres dans le Standard du Normand, et qui double, si l’on peut dire, une partie du mot Trapu, n’est pas mentionné dans le Standard du Bourgogne. Ce n’est pas sans raison ; car, avec cette ligne de dos légèrement bombée, le Fauve de Bourgogne, par ailleurs gros, et massif, c’est-à-dire bien musclé et rond de partout, paraît court. Ce n’est donc là qu’une conséquence de tout un ensemble morphologique, et non un objectif limitatif. La lecture de tout le paragraphe du Standard consacré au Type en fait foi.

Une dernière remarque à propos de l’adjectif Massif ne me paraît pas inutile. Nous avons déjà vu précédemment comment il fallait interpréter ce mot. Il est donc essentiel pour un Fauve de Bourgogne de posséder une musculature à la fois développée et très compacte. Le Standard est là encore extrêmement précis et catégorique, puisqu’il stipule : « Cette Constitution corporelle est la conséquence d’une Puissante Musculature laissant apparaître au toucher une Chair Ferme et Serrée, qui indique un bon rendement, en viande, de l’ensemble de la carcasse. Ces caractères confèrent au sujet une impression, bien équilibré, de Puissance Uniforme, qui doit être exigée sans défaillance. C’est deux phrases, répétées ici intentionnellement, n’ont, à vrai dire, besoin d’aucun commentaire. Elles confirment cependant, et ceci est tellement important qu’il me paraît utile d’y insister encore une fois, qu’une Conformation Massive doit faire surgir immédiatement à l’esprit de l’Eleveur la notion de Compacité de chair. J’ai beaucoup plaidé en faveur de cette qualité musculaire dans mon article sur le « lapin de Chair ». A cette époque, pourtant récente (1961), l’importance de cette partie de la sélection du Lapin de Chair ne paraissait pas tellement retenir l’attention des cuniculiculteurs français. Et cependant, sa mise ne évidence ne date pas d’aujourd’hui, puisqu’au début de notre siècle ma vénérée Amie, Mademoiselle LEMARIE s’attaqua avec une véritable prescience à cette question, dans création du Grand Russe (1912). Ce n’est pas par hasard non plus que Madame DULON fit appel à l’Argenté de Champagne pour créer son Bouscat. Plus tard les Américains agirent dans le même sens avec le Californian. Avec mon excellent Ami Roger LANAZ, nous nous étions attelés à une expérimentation assez spectaculaire, il y a déjà près de dix ans, dans la même direction, pour améliorer la qualité et le rendement de la viande fournie par le Fauve de Bourgogne. On retrouve actuellement, dans de nombreuses souches de Bourgogne, Français et Allemand, la trace suffisamment profonde pour persister, des résultats obtenus ; résultats qui s’imbriquent, du reste , avec ceux, non moins intéressants, acquis Outre-Rhin, à l’aide du Sachsengold. Il est, de toutes façons très aisé de détecter un Sujet à Chair Compacte, qui est presque insaisissable à la main, et donne une impression de Lourdeur Exceptionnelle quand on le soulève.  

Les éleveurs de Fauve de Bourgogne, qui ont eu l’occasion de rendre visite, en mars dernier, au Concours de Paris, au Stand CUNIMAT , n’ont pas manqué d’être frappés de la compacité de chair présentée, à tous les âges, par les élèves de l’excellent connaisseur et praticien averti qu’est M. de Kerros. Il s’agissait vraiment d’une population de Né-Zélandais blanc très au point, et démontrant remarquablement ce que peut et doit être un lapin de chair. Cette présentation n’a pas été sans me rappeler ce à quoi, Lanaz et moi, avions abouti avec le Fauve de Bourgogne, ce qui prouve, une fois de plus, que dans chaque race, il y a des possibilités de perfectionnement étendues, qu’il convient d’exploiter.

 

Nous allons examiner successivement les différentes parties du corps qui déterminent l’aspect général du Fauve de Bourgogne

La Tête

Chacun sait qu’à l’âge adulte, le dimorphisme sexuel doit apparaître au premier coup d’œil. A vrai dire, les mâles à tête efféminée ne se rencontre plus souvent dans les expositions ; il reste cependant toujours indispensable d’assurer leur éviction dans les élevages.

La tête du mâle « forte et large, ronde », telle que la décrit le Standard, n’a rien de commun avec une tête grossière de taille démesurée dans toutes ses dimensions. La taille de la tête doit demeurer proportionnée aux autres parties du corps. Une tête grossière et volumineuse trahit le plus souvent une ossature très lourde, ce qui n’est pas, jusqu’à nouvel ordre, le but recherché chez le Fauve de Bourgogne !

La tête de femelle est « légèrement plus allongée et présente plus de finesse générale que celle du mâle ». Insistons sur l’opportunité de l’adverbe « légèrement » qui précède « plus allongée ». La femelle fauve de Bourgogne n’a pas, en effet, à posséder une tête longue, disproportionnée avec le reste du corps pour montrer qu’elle est femelle.

Dans les deux sexes, gardons-nous bien de caricaturer le dimorphisme sexuel. Et ceci nous amène à condamner aussi la tête de bulldog chez le mâle, et le museau de brochet chez la femelle.

Compte - tenu du dimorphisme sexuel ramené à sa juste valeur, un front large, avec un bon écartement des yeux, est toujours souhaitable. Le museau doit être d’une largeur appropriée aux autres parties de la tête, et même chez la femelle, répétons-le, le nez pincé ne se justifie pas plus qu’une largeur excessive de la tête.

Les mâchoires doivent être convenablement « remplies », et suffisamment larges dans chacun des deux sexes.

Les Américains disent que la tête doit être pleine ; nous parlons d’une tête ronde ; Les Suisses emploient l’expression : « en forme de bouchon ». Ce sont là des mots qui, tout en avant une même idée directrice de la recherche de l’harmonie et des proportions, sans aspérités, ne sont pas toujours suffisamment suggestifs pour l’éleveur. Il faut, du reste, avouer qu’il est parfois fort difficile de trouver les mots qui traduisent exactement la configuration souhaitée.

Avant de clore ce paragraphe, nous désirons attirer l’attention des praticiens sur l’importance que nous attachons à une tête aux contours nettement dessinés. Nous avons presque toujours constaté que les animaux à musculature ferme et serrée, à la peau d’une épaisseur correcte et souple, et à la fourrure d’une longueur normale et d’une contexture non âpre au toucher, présentaient une tête bien « ciselée ». Il ne s’agit donc pas du tout, à notre avis, d’un détail purement esthétique, mais d’une indication qui peut rendre vraiment service aux cuniculiculteurs. Celle-ci n’a, du reste, rien de surprenant si l’on veut bien admettre que la qualité, comme le développement de la musculature, se manifestent avec plus ou moins d’apparence sur tous les muscles du corps. Une peau suffisamment fine et souple, un pelage non grossier, s’expriment, comme chacun peut le constater, avec un maximum d’intensité sur la tête. Le développement particulièrement visible du muscle Masseter complète alors cet aspect d’ensemble aux contours nettement dessinés, qui dégagent remarquablement le relief de la tête et contribue à la rendre, du reste, plus expressive et souvent allurée.

Cette observation valable pour toutes les races permet, quand ces conditions sont remplies, de mettre en évidence, selon le cadre osseux, différents types de tête, C’est, par exemple, la tête rectangulaire du Flamand, le profil sémitique du Bélier, la tête dite en losange tronqué des Argentés, la tête triangulaire du Noir et Feu ou du Normand, la tête dite ronde qui nous intéresse plus spécialement et qu’il ne faut pas confondre avec la tête de chat. Les anciens cuniculiculteurs attachaient beaucoup d’importance à toutes ces descriptions, qui n’intéressent plus beaucoup d’éleveurs aujourd’hui. Sans vouloir prôner l’esthétisme, il faut très honnêtement reconnaître que l’esprit d’observation cultivé par les praticiens de grande classe de jadis leur a permis d’accomplir des réalisations que nous leur envions aujourd’hui, malgré le développement prodigieux des connaissances biologiques depuis cette époque héroïque. Ceci doit nous faire réfléchir !

Un dernier exemple, à propos de ce plaidoyer pour une tête bien sculptée, a trait au lapin Argenté Anglais. De tous temps, la compacité de chair la plus prononcée a été trouvée chez les bons sujets de cette race, à tel point que les anciens textes des Standards précisaient déjà que « l’animal est beaucoup plus pesant qu’il n’en a l’apparence ». Or, justement, la ciselure de la tête chez les sujets d’élite de cette race atteint son plus haut degré chez le lapin. Comme le soulignait en 1962 l’expert le plus compétent actuellement dans le monde, F. SCHAEDTLER, on est en présence d’une « tête carrée », expression volontairement fautive dans son exagération, ce que reconnaît du reste le grand juge international, qui ajoute : « mais les expert sentent ce que je veux dire ainsi ».

Ne perdons donc pas de vue, chez notre fauve de Bourgogne, la sculpture de la tête, qui constitue un moyen très efficace pour nous prémunir notamment de la « ligne tas » évoqué dans notre précédent article.

 

Les yeux.

Quel rapport avec la conformation ? Pensez vous ! Je laisse à Adolphe KRAMER, qui fut Professeur d’Agriculture à l’ Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich, le soin de vous répondre : « Les animaux à yeux petits et enfoncés, à regard sombre, morne, agité ou fixe, ne possèdent pas l’humeur requise pour être utiles. Un œil mat et endormi signifie par contre que les organes vitaux fonctionnent lentement et que le rendement de l’animal laisse à désirer ». Ceci fut écrit à la fin du siècle dernier. Il ne paraît pas douteux que la plus belle conformation corporelle n’a de sens qu’autant que l’animal chez qui elle se manifeste possède une vitalité capable de la mettre en valeur à tous égard. Ne nous privons donc pas des réactifs indicateurs qui contribuent à mettre en évidence la vigueur de constitution d’un animal.

Albert RENARD demandait déjà dans son premier Standard du Bourgogne un œil bien ouvert. Il faut, du reste, croire que jadis le « regard paisible » d’un Noir et Feu ou « l’expression farouche » de l’œil d’un Chamois de Turinge avait frappé les cuniculiculteurs, puisque ces mots sont mentionnés dans les anciens standards.

Quoi qu’il en soit, le Standard du Bourgogne stipule toujours que les yeux doivent être bien ouverts. Le Standard suisse demande pour tous les lapins à ce que les yeux « soient vifs, brillants, expressifs et non ternes ».

La paupière doit adhérer convenablement au globe oculaire, qui est modérément saillant. Il faut éviter les paupières pendantes, réceptacles de choix aux pénétrations d’agents étrangers les plus divers. L’œil dit de bœuf qui caractérise une proéminence trop accentuée du globe oculaire, est également à proscrire. Le livre des Standards vous explique ce que l’on entend par « yeux gras » et yeux lardés », qui constituent des défauts au même titre que les yeux dits enfoncés.

Retenez donc toutes ces assertions, mais, et ceci est très important pour les reproducteurs, sachez apprécier le regard expressif d’un lapin.

 

Les oreilles.

Le Standard les demande robuste, velues et portées bien droites, bien serrées à la base.

Il est primordial que tout ce qui précède soit respecté et rien n’est à ajouter à ce qui est suffisamment clair et net. La mauvaise tenue des oreilles vient, la plupart du temps, du fait que celles-ci manquent de robustesse, sont trop fines, et glabres sur une partie de leur surface. Mais ce qu’il faut rechercher tout particulièrement, c’est une base d’oreilles forte et assez large. Les Américains attirent l’attention de leurs éleveurs sur cette base des oreilles, et Al. MEIER demande une forte base, une bonne sensation vigoureuse du tissu, par ailleurs bien fourré tout le long de la face externe. Il n’est pas possible d’envisager des oreilles portées bien droites et serrées à la base si elles présentent une partie inférieure trop faible.

« La longueur doit être proportionnée à la taille du sujet, jamais excessive et ne dépassant pas 12 à 13 cm ». La question de la longueur des oreilles a déjà fait l’objet d’échanges de vues et de mise au point lors de la dernière Assemblée Générale de l’A.E.L.F.B.. Redisons à nouveau que les oreilles trop longues vont souvent de pair avec un cadre osseux trop grand, entraînant les sujets qui le supportent vers le type géant. Nous avons personnellement effectué de très nombreuse mesures, tant dans les élevages qu »aux expositions, et nous n’avons jamais constaté sur des animaux normalement typés de longueur excédant les chiffres indiqués par le Standard. Sauf disproportion très accusée, dont la rareté d’apparition confirme la règle, un Fauve de Bourgogne dont les oreilles atteignent 14 cm, n’a plus le type de la race, et s’aligne sur le type Géant Fauve qui existe dans le Bénélux. Les Suisses qui, jusqu’à ces dernières années, possédaient des animaux de grande charpente, s’orientent, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, de plus en plus vers le type ramassé et massif, et insensiblement voient les oreilles de leur Bourgogne se rapprocher de la longueur que notre Standard mentionne.

 

Le cou

« La tête, dit le Standard, portée par un cou court et peu visible, paraît de ce fait bien collée au corps ». Ce texte se passe de commentaire, tant il traduit fidèlement l’observation la plus banale réalisée sur un lapin de conformation massive et trapue. Il ne s’agit donc pas d’obtenir un lapin sans cou, comme cela a été dit et écrit il y a quelques années par des esprits de perpétuelle mauvaise foi, mais de situer tout simplement et le plus fidèlement possible une constitution déterminée. Il est tout de même navrant de devoir rappeler à des gens qui se targuent d’une longue expérience d’éleveurs et de connaissances zootechniques sans limites, que le Fauve de Bourgogne, comme le Polonais ou le Géant des Flandres, possède 7 vertèbres cervicales et qu’il possède donc… un cou ! Peut-on, pour compléter leur information, leur ajouter que tous les mammifères ont 7 vertèbres cervicales !!?

La nuque déprimée et maigre qui, assurément, rend bien plus visible le cou, existe chez les sujets à musculature déficiente, trahissant non seulement une faiblesse des ligaments vertébraux, mais plus généralement un manque de vigueur de constitution. Cela a toujours été jugé comme un grave défaut chez tous les animaux domestiques, et se doit d’être vigoureusement proscrit chez le lapin.

Pour en terminer avec toutes les parties de la tête du Fauve de Bourgogne, rappelons qu’il existe souvent chez les mâles, sous leur menton, une excroissance tissulaire, appelée bouton. Il ne s’agit en aucun cas d’un défaut, à la condition que ce bourrelet ne présente aucune inflammation.

 

Jacques ARNOLD