HISTORIQUE DU LAPIN FAUVE DE BOURGOGNE

Le Fauve de Bourgogne n'est pas une race nouvelle, objet d'une race passagère ; il est tout au contraire fort anciennement connu. On trouve de bonne heure en Bourgogne, un gros lapin roux élevé de préférence pour ses qualités de rusticité et de précocité, ainsi que pour la finesse de sa chair. Le Fauve était déjà la teinte caractéristique dominante, mais beaucoup de sujets étaient marqués de blanc au cou, à la tête, aux pattes ; les vieux Bourguignons n'avaient nul besoin d'une teinte uniforme, ils recherchaient un gros lapin râblé, rustique, "sans histoire", donnant rapidement un bon poids de viande. Le Fauve de Bourgogne leur apporta tout cela.

Cependant, comme l'irrégularité de sa couleur le faisait écarté de certains clapiers d'amateurs, les éleveurs entreprirent et réussirent la tâche de le doter d'une fourrure et d'une teinte de qualité. Parmi ces éleveurs, il faut citer M. RENARD de la Celle Saint Cyr à qui revient le mérite d'avoir fait d'un peuplement de terroir une race bien caractérisée : le Fauve de Bourgogne.

En 1919, M. RENARD trace l'histoire du Fauve de Bourgogne avec précision. Il rappelle ce qui a déjà été dit puis précise la localisation de la race : "Son aire géographique est assez fréquemment dans la Bourgogne, à partir de Dijon, dans la Côte d'Or, il ne se voit dans la Nièvre que jusqu'à Clamency, pour ensuite entrer dans l'Yonne où on le rencontre plus communément que partout ailleurs, mais ne dépasse guère la ligne des départements de l'Yonne et de l'Aube, et en bon voisin, il laisse cette partie de la Champagne à son frère "l'Argenté"". Depuis, le Fauve de Bourgogne s'est répandu beaucoup plus loin dans toute la France et à l'étranger (Italie, Belgique, Suisse).

Le rôle des obtenteurs de la race comme A. RENARD a été de capter dans un peuplement primitif des animaux d'un type particulier pour en assurer ensuite, grâce à un tri sévère et à des accouplements appropriés, une reproductibilité aussi régulière que possible dans la descendance, tout en améliorant au fil des générations certains traits.

A partir de là, nous pouvons imaginer qu'une telle situation originelle de peuplement cunicole a pu apparaître un peu partout dans le monde et être sélectionnée. C'est ce qui s'est passé au début du siècle dernier lors du développement aux USA de la race dite Néozélandais Roux ; cette race est issue de peuplements de terroir de teinte fauve (Golden Fawn) comparables aux lapins fermiers Bourguignons. Les résultats obtenus au cours des premières approches sélectives établissent de façon certaine la parenté biologique étroite des deux populations, Bourgogne et Néozélandais, d'origines géographiques différentes.

J. ARNOLD (Les Cahiers du Conservatoire) .


site du CFELFB   http://fauvedebourgogne.pagesperso-orange.fr